Richard Messier

La vie est simple, ce sont les gens qui la compliquent.
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  • Expérience vignoble : acte 12 Le Palissage (Poteaux et ancrages)

    Posted on March 3rd, 2012 rmessier Aucun commentaire

    Pour faire suite à la plantation, par simple curiosité voici une photo d’un des tarières utilisée pour faire les trous de plantation. À droite elle est neuve et a gauche ce qu’il en reste après 3,000 trous. Il était temps qu’on finisse. On voit bien l’effet abrasif d’un sol sabloneux.

    Tarière après-avant

    Tarière après-avant

    Dans la suite des opérations, après la plantation vient le palissage. Cet ensemble d’opérations a pour but de mettre en place la structure qui va guider et soutenir la vigne tout au long de sa croissance et lorsqu’elle sera en production. Le palissage doit être résistant, durable (la vigne va produire pendant au moins 25 à 40 ans) et faciliter le travail du vigneron pendant les multiples opérations annuelles.

    La méthode de conduite de la vigne influence en partie le choix des matériaux et le type de palissage à mettre en place. Étant donné qu’on a choisi le mode de conduite Smart-Dyson (qui est une taille en cordon haut) nous aurons donc un palissage haut. Des poteaux d’au moins 6 pieds (1.85 mètre), un fil de fer porteur à 45 pouces du sol (1.15 mètre) et deux série de fils releveurs (en fer également), chacun à environ 14 pouces (.35 mètre) en dessous et au dessus du fil porteur. Ces fils releveurs servent à guider les pampres (pousses de la vigne) en haut et en bas du fil porteur. Ils sont placés au niveau du fil porteur en début de saison (par exemple lors de la taille printanière) et lorsque les pampres ont atteint la taille suffisante, on prend le fil releveur de chaque coté du rang et on relève les pampres en fixant le fil dans des encoches sur le poteau. C’est beaucoup plus rapide et facile que d’attacher les pampres un à un.

    Pour les poteaux il y en a 2 types : ceux des bouts de rangées et ceux dans la rangée. Ils peuvent être de bois ou de métal. Nous avons choisi des poteaux de bout en bois (cèdre) pour une question de coût (il aurait fallu mettre 2 poteaux de métal au bout pour la solidité) alors qu’un seul poteau de cèdre de 5 à 6 pouces (15 cm) suffit. En plus le bois c’est plus beau selon moi. Dans la rangée les poteaux de métal ont des avantages qui compensent le coût supérieur : facile à planter, encoches pour les fils releveurs, durabilité, résistance.

    Une autre partie importante du palissage sont les ancrages. En effet à chaque bout de rangée il faut bien ancrer les poteaux de bout car le poids d’une rangée de vignes avec la végétation, les fruits et même l’eau de pluie sur les feuilles peut représenter près d’une tonne. Ajouter à cela le vent et vous comprendrez qu’il faut que ce soit bien ancré au sol pour résister. Nous avons choisi des ancrages avec vis, notre sol s’y prêtant bien. Les ancrages seront rattachés aux poteaux de bout par des câbles d’acier, cela fait partie de la suite des opérations de palissage en 2012 avec l’installation des fils de fer (porteur et releveurs). En résumé pour les 8,000 plants il faut 384 poteaux de cèdre et autant d’ancrages, 1152 poteaux de métal, près de 1,000 mètres de câbles d’acier et un peu plus de 40,000 mètres de fil de fer

    Voici donc quelques photos de l’installation des poteaux de bout, de rangée et des ancrages.

    On plante les poteaux de tête

    On plante les poteaux de tête

    Pour planter les 384 poteaux : 1 journée, location de la machine, 3 personnes.

    Avant de les planter on marque les poteaux pour savoir jusqu’à quelle profondeur les planter. Ensuite on fait une pré-plantation à la main afin de les placer au bon endroit entre les plants et de les aligner sur la rangée.

    On marque les poteaux de rangée

    On marque les poteaux de rangée

    Pré-plantation des poteaux de rangée

    Pré-plantation des poteaux de rangée

    En finalement on les plante avec le chargeur du tracteur. Une personne aligne les poteaux avec un niveau à poteau et l’autre personne dans le tracteur les enfonce avec le chargeur. Au total environ 5 jours de travail pour 2 personnes.

    On les enfonce

    On les enfonce

    Ensuite on visse les ancrages. Cette fois c’est la tarière qui est utilisée avec un adaptateur que j’ai bricolé pour bien tenir l’ancrage et le visser. Tout a bien fonctionné, le seul pépin a été la présence de cailloux pour environ 30% des ancrages. Il faudra retirer les ancrages bloqués par les cailloux, retirer les cailloux et revisser les ancrages. Au final cela aura pris au moins 5 jours pour visser les ancrages.

    On visse les ancrages

    On visse les ancrages

    Et le résultat final.

    Résultat final

    Résultat final

    Résultat final 2011

    Résultat final automne 2011

    Salud !!!

  • Expérience vignoble : acte 11 Plantation 2011

    Posted on October 14th, 2011 rmessier 3 commentaires

    Voilà, c’est fait.  Les 6,000 plants sont en terre pour 2011. Planté au début juillet.  Merci à nos amis et à la famille.  Du gros travail, en moyenne 2,000 plants par jour.  Voici en résumé les étapes et quelques commentaires.

    D’abord la technique (que nous avions expérimenté à petite échelle plus tôt dans la saison).

    1-Deux cordes sont déjà préparées de la bonne longueur avec une corde qui les séparent pour la distance entre les rangs et chaque corde est marquée pour la distance entre les plants.  C’est rapide car nous n’avons pas à mesurer lors des opérations.  On transfère les cordes d’un rang à l’autre et on perce des trous à chaque marque.

    2-Quand les cordes sont en place. On perce les trous. Nous utilisons 2 perceuses ½ avec des tarières de 3 pouces (de chez Rittenhouse , un truc, vous pouvez commander les mêmes chez Sears et épargner les frais de livraison) ces tarières sont habituellement vendus pour planter des bulbes.  Mais en leur ajoutant une tige de rallonge et en les fixant à une perceuse puissante, on perce rapidement des trous de la bonne profondeur et de la bonne grosseur sans avoir à se pencher (cela compte quand on a 6,000 trous à faire !!!!)

    3-Ensuite, on place les plants dans les trous, on ajoute l’engrais bio liquide à base de poisson (plein d’oligo éléments).

    4-On place le tuteur dans le trou tout près du plant, on remplit le trou avec les pieds et voilà, on passe au suivant.

    Il était important pour nous de ne pas trop se pencher car c’est la partie la plus ‘éreintante’.  Mission accomplie à ce niveau.  Il reste toutefois qu’à la fin de la journée nous étions bien heureux d’arrêter.

    Maintenant quelques photos :

    Les 6,000 plants sont arrivés (en fait c’est 126 caisses de 48 plants donc 6,048)

    Les 6,000 plants

    Les 6,000 plants

    On plante : à l’arrière plan les 2 ‘perceurs’, à l’avant plan les ‘planteuses’, on remarque la génératrice qui alimente les perceuses (en effet lors de nos tests préliminaires, une perceuse à pile ne durait que 30-40 trous et elle commençait à chauffer). On voit également le réservoir qui contient l’engrais liquide.

    La plantation

    La plantation

    Nous avons été chanceux de ne pas rencontrer trop de gros cailloux, sauf celui-ci qui a exigé d’arrêter les travaux pour l’extraire du sol car nous ne pouvions pas creuser à côté, il était trop gros.

    Tout un cailloux !!!

    Tout un cailloux !!!

    Une innovation ? Pour transporter les paquets de 250 tuteurs de bambou et faciliter le travail des planteurs de tuteurs (qui enterrent les plants en même temps) : une chaudière de plastique, un chariot de golf et voilà !!!! C’est simple, léger et cela fonctionne très bien.

    L'innovation !!!!

    Une innovation !!!

    Et finalement le travail terminé, les 6,048 plants sont en terre, les tuteurs sont en place et les ‘planteurs’ très fatigués mais heureux et contents du travail accompli.

    C'est fait !!!!

    Voilà !!!!

    Merci de tout cÅ“ur à nos amis (ils se reconnaitront) et à la famille (mon épouse et nos deux ‘fistons’) sans vous, nous n’y serions pas arrivé en si peu de temps.

    À la bonne vôtre !!!!

  • Expérience vignoble : acte 10 Le grand démarrage

    Posted on June 30th, 2011 rmessier 2 commentaires

    Un court billet cette fois, nous sommes en pleine préparation avant la plantation de cette année : 6,000 plants de 3 cépages (Marquette, St-Croix, Frontenac gris). Un foule de détails à coordonner : préparation du terrain, commande et réception de tous les intrants (piquets, engrais bio, plants, réservoir pour arrosage, main d’oeuvre) et tout ca en fonction de la pluie qui nous retarde. La préparation du terrain nécessite de la machinerie lourde et un sol assez sec, nous y étions presque avant la pluie de la semaine dernière mais il aurait fallu qu’il ne pleuve pas pendant 2 jours de plus. Maintenant il faut attendre au moins 3 jours sans pluie et avec du soleil pour assécher suffisamment le sol et terminer les gros travaux. Puis on pourra passer au mesurage, marquage des rangs et à la plantation.
    Nous sommes aller chercher les 6,000 plants hier (il faut être optimiste en agriculture).
    Si tout se passe bien tout sera fait d’ici 7 à 10 jours.
    À suivre un peu plus tard … avec quelques photos.

  • Expérience vignoble : acte 9 Le printemps 2011

    Posted on May 20th, 2011 rmessier Aucun commentaire

    Le printemps 2011 a été très différent de 2010. Un départ lent, frais, beaucoup de pluie, pas de gel des bourgeons.  On se dit : “Superbe, la vigne aura un bon départ cette année”.   Fin avril, visite du consultant et surprise !!!!! Les plants de vignes n’auront pas un bon départ parce qu’ils n’ont pas aoutés correctement à l’automne 2010.  Ouch !!!!

    L’aoûtement est le processus de lignification des baguettes (c’est comme ca qu’on appelle les branches des plants de vigne).  Cela se produit généralement à partir du mois d’août (dixit le terme aoûtement). Ce processus assure la résistance des baguettes au froid pour l’hiver et produit également des écailles protectrices pour les bourgeons.

    Après vérification d’une douzaine de plants, même constat, ils ont presque tous gelés. Pourtant ce sont des cépages qui peuvent résister à -35, -38 C l’hiver, mais, mal aouté, leur résistance est moins grande.

    Après consultation des enregistreurs de température (LogTag) il y a eu, le matin du 27 janvier 2011, une température de -33,9 et de plus il y avait des vents de 15 km/h ce jour là. Donc après relecture de nos notes de la saison 2010, avec les données de température et discussion avec notre consultant, on peut assez facilement reconstituer ce qui s’est passé.

    La croissance végétative de 2010 a été très importante (sol riche en humus qui se minéralise en azote) plus une légère déficience en phosphore et beaucoup de chaleur = croissance exagérée (certains plants on produits 3 ou 4 baguettes de 12 à 14 pieds dans l’été 2010, alors qu’on aurait du avoir 2 à 4 pieds). J’ai fait une taille en septembre mais il était un peu tard et l’aoûtement ne s’est pas complété. Sur la photo ci-dessous on voit à gauche une baquette mal aoutée (le bois est rugueux, grisâtre et montre même des blessures d’écorce). Celle de droite est bien aoûtée (le bois est brun orangé, lisse et à l’air en santé).

    Mauvais aoûtement

    Mauvais aoutement

    Les solutions pour 2011 :
    - Taille à 3-4 bourgeons pour refaire des baguettes en santé (on ne peut construire la vigne sur des baguettes à demi gelées car trop de restriction pour la montée de sève).

    - Implantation d’une culture intercalaire gourmande en azote qui sera récoltée en vert pour épuiser l’azote de la couche superficielle (horizon A très riche en matière organique)

    - On laisse pousser les baguettes et taille sévère à la période de la véraison ( maturation des grappes fin août) en ne gardant que les baguettes prévues pour le palissage (Smart-Dyson dans notre cas). Moins de branches à lignifier = plus de lignification pour celles qui restent.

    - Installation de clôtures brises-vents pour les 2-3 prochains hivers afin de donner une chance aux plants de bien s’implanter et d’acquérir leur résistance maximum

    Vous voyez ci-dessous les plants taillés à 3-4 bourgeons à la fin d’avril 2011.

    Mauvais aoûtement

    Après taille avril 2011

    Nous sommes à la mi-mai et les premières feuilles se déploient bien. Donc, si la saison continue comme prévue, tout devrait rentrer dans l’ordre et finalement ne pas vraiment causer de retard (puisqu’en fait c’est la saison 2010 qui a été trop vite).

    Il est heureux que cette expérience soit acquise avec nos 2 parcelles de 150 plants. Nous éviterons ce genre de situation dans les parcelles qui seront plantées cette année (6,000 plants) et en 2012 (2,000 plants).

    À suivre ….

  • Épicurisme extrême : 4 chefs, 16 recettes et 6,400 assiettes

    Posted on February 28th, 2011 rmessier Aucun commentaire

    Samedi dernier (26 février) avait lieu l’événement ‘Soirée découverte, Chefs et Fromages d’ici‘ dans le cadre du Festival Montréal en Lumière. Une deuxième édition qui fut un franc succès. Nous y avons participé, en effet tous les invités étaient des participants actifs car il nous fallait juger et évaluer les recettes des chefs et à la fin un chef remporte les grands honneurs (bourse de 5,000$ et une assiette réalisée par un artiste québécois comme trophée).

    Cet événement, dont les commanditaires majeurs sont la Fédération des Producteurs de Lait du Québec, Les plaisirs de la table SAQ et Air France, met en vedette des fromages d’ici et 4 chefs sélectionnés (concours Toqués des fromages d’ici) qui doivent réaliser chacun 4 plats mettant en valeur ces fromages. Le tout évidemment accompagné de vins soigneusement sélectionnés et présentés par le sommelier Jean-François Demers. Chaque plat est identifié par une couleur qui correspond à un chef, mais nous ne connaissons pas les chefs à l’avance. C’est vraiment une évaluation à l’aveugle et faites par les 400 convives. Voici le détails du menu :

    Malheureusement la photo pour le service 1 n’est pas bonne. Désolé.

    Service 1 (Vin blanc : Mâcon Villages Les Florières Cave de Lugny 2009)

    - Maki de boeuf et le Migneron de Charlevoix (vert)

    - Miniraclette de Comtomme en pommes de terre (jaune)

    - Rosette de prosciutto sur latkas de pommes de terre et formage Le Curé Labelle (bleu)

    - Mamirolle, salsa de pomme et fenouil (rouge)

    Service 2

    Service 2

    Service 2 (vin blanc : Muga Rioja 2009)

    - Tartelette au Mi-Carême (vert)

    - Cannelloni soyeux en nage de parmentier revisité au Marquis de Témiscouata (jaune)

    - Fondue de bacon, oignons caramélisés au sirop d’érable sur lit de l’Extra Grand Camembert (bleu)

    - Pommes de terre rattes rôties, poêlée de champignons, saucisse de Morteau, sauce au Pizy (rouge)

    Service 3

    Service 3

    Service 3 (Vins rouges : Château Bellevue La Forêt Côtes du Frontonnais 2007 [1] et Bonarda Reserva Bodega Jacques et François Lurton 2009 [2])

    - Feuilleté de veau de lait et Pikauba (vin 2)

    - Mignon de cerf de Boileau en peau d’Hercule de Charlevoix (vin1)

    - Cailles noicies au Blackburn (vin 1)

    - Gnocchis au Louis d’Or, légumes de saison et noix de Grenoble (vin 2)

    Service 4

    Service 4

    Service 4 (cidre de glace : Du Minot des Glaces)

    - Panna cotta au fromage Prestige, soda de betteraves (vert)

    - Cannoli sicilien au Tomme Haut-Richelieur (jaune)

    - Crème brulée au Chèvre des Alpes et huile d’olive (bleu)

    - Chébrie sur brioche, confiture de canneberge, caramel salé (rouge)

    Les chefs :

    Vert : Jeffrey Stirrup, chef propriétaire de l’Inconnu (www.linconnu.ca)

    Jaune : Samuel Sirois, sous-chef du DECCA 77 (www.decca77.com)

    Bleu : Richard Edwards, sous-chef création au Samuel de Champlain (www.montrealchateauchamplain.com)

    Rouge : Stéphanie Gagon, chef Les Cavistes (www.restaurantlescavistes.com)

    Chaque convive choisissait son plat préféré pour chaque service, les choix étaient cumulés et à la fin le grand gagnant dévoilé.  Je dois vous dire que même s’il y a eu un gagnant (fort mérité d’ailleurs par la créativité et l’audace) tous les chefs nous ont proposés des recettes inédites, créées spécialement pour l’occasion et qui ont toutes méritées nos éloges, mais à la fin il fallait faire un choix et c’est le chef : Jeffrey Stirrup qui a remporté le concours.

    Je veux terminer en mentionnant le travail remarquable du personnel de l’hôtel Reine Élisabeth où se tenait l’événement. Imaginez, 4 services avec chacun 4 plats différents, préparés dans 4 cuisines séparés, par 4 brigades différentes, le tout servi juste à temps à 400 convives en moins de 10 minutes par service.  C’était très impressionnant de voir le ballet des serveurs, maitres d’hôtel, sommeliers.  Maintenant, imaginez la montagne de vaisselle (1,600 assiettes de service avec chacune 4 petites assiettes pour chacune des recettes)  Bref un défi de logistique et de préparation réalisé avec brio.

    Une soirée mémorable, et nous sommes déjà prêts pour l’édition de l’an prochain.

  • Cancun et cie, les conférences de l’incohérence …

    Posted on December 30th, 2010 rmessier Aucun commentaire

    Berlin (1995), Kyoto (1997), Buenos Aires (1998), Bonn (1999), La Haye (2000), Bonn et Marakesh (2001), New Delhi (2002), Milan (2003), Buenos Aires (2004), Montréal (2005), Nairobi (2006), Bali (2007), Accra (2008), Poznan (2009), Cancun (2010).

    Depuis 15 ans, toutes ces conférences des parties (COP) ont regroupés des centaines, voire des milliers, de personnes pour discuter des changements climatiques, négocier des accords, renégocier des accords, modifier les accords, rediscuter des changements climatiques et d’autres centaines ou milliers qui protestent, manifestent, contestent et des policiers et agents de sécurité qui surveillent, préviennent, interviennent pour que tout ca se passe sans trop de casse.

    Tous ces gens se sont déplacés, logés, nourris, ont produits des déchets, utilisés de l’énergie pour s’y rendre et faire ce qu’ils y ont fait. Bien sur, on leur propose des outils pour calculer leur ‘empreinte carbone’ et on les ‘encourage’ à appuyer des initiatives pour réduire ou annuler leur impact. Les villes qui accueillent les conférences font plein de beaux projets (reboisement, éoliennes, cellules photo voltaïques, etc).

    Toutefois, je n’ai vu nulle part des bilans précis montrant les résultats après coup de toutes ces belles initiatives.

    Je propose une façon bien plus ‘cohérente’ de tenir ces conférences (je n’entre pas dans le débat sur l’utilité ou non de celles-ci). Pourquoi ne pas les tenir virtuellement ? Les outils pour le faire existent, sont peu coûteux, accessibles et très efficaces.  Fini les problèmes de sécurité (il est bien plus facile et bien moins coûteux de sécuriser un lien informatique que d’assurer la sécurité physique de centaines de personnes).  Les manifestants pourraient également tenir leur manifestation ‘virtuellement’ et même y impliquer bien plus de participants.

    Et tant qu’on y est, pourquoi ne pas tenir les G20, G8 de cette façon également ? Après le G20 de Toronto qui a couté une fortune, on devrait y penser.

    Je doute toutefois que cette idée soit reprise, toutes ces bonnes personnes qui ne pensent qu’à ‘sauver la planète’ ont bien de trop de plaisir à se faire payer des voyages partout dans le monde et il y a des entreprises qui font de gros sous à tenir ces conférences (avant et après).  ‘Follow the money’

  • Des épicuriens en Touraine

    Posted on November 30th, 2010 rmessier 2 commentaires

    Lors de notre dernier voyage en France (début novembre) nous sommes allé en Touraine (dans la région de la Loire). La Touraine à comme centre la ville de Tours. Nous y avons passé quelques jours à visiter châteaux et vignobles et à déguster les spécialités locales.

    Notre expérience la plus épicurienne a été la Foire d’Automne d’Azay Le Rideau. Le 31 octobre de chaque année depuis 5 ans, la petite ville d’Azay Le Rideau (celle du château qui porte le même nom), ferme ses rues aux automobiles et les ouvre toutes grandes aux piétons de toute la région pour célébrer l’automne. Nous en avons entendu parlé en discutant avec une personne de l’office du tourisme de Tours à notre arrivée dans la région. Impossible de manquer cette occasion unique de participer à la vie de la région et de la goûter tout en échangeant avec les artisans locaux.

    C’est un genre de grand marché à ciel ouvert, les étals se succèdent le long des rues étroites et dès le départ les odeurs et l’ambiance nous transportent. Nous y avons gouté plusieurs spécialités locales (tapenades, gâteaux, tourangelles, ‘bernache’, saucissons, etc).

    Foire automne

    Foire automne

    Les ‘tourangelles’ sont la version locale des andouillettes. À la base, les andouillettes sont des boyaux farcis de morceaux de tripes et d’estomacs. Je sais, dit comme ca, ca ne semble pas appétissant, mais les tripes et estomacs sont soigneusement nettoyés, dégorgés dans l’eau froide, nettoyés, etc. Puis on les coupent en petits morceaux, on en rempli les boyaux (eux aussi soigneusement nettoyés et dégorgés) pour en faire des saucisses qu’on appelle ‘andouillettes’. Les ‘tourangelles’ sont des andouillettes préparées de la façon traditionnelle (avec la recette secrète d’assaisonnement locale) et mises à cuire lentement pendant plus de 3 heures dans le Vouvray, le vin blanc issu du cépage Chenin, spécialité de la région. Ensuite elles terminent leur cuisson dans la crème. Servie avec des frites maison, de la moutarde de Dijon et arrosées de ‘bernache’ : un vrai délice. De plus, les ‘tourangelles’ que j’ai dégustées sont celles du spécialiste de la région (il y a des gens qui font plus de 100 km pour venir acheter ses ‘tourangelles’). C’est lui qui m’a expliqué toute la procédure et les ‘secrets’ de fabrication qui font des ‘tourangelles’ ce qu’elles sont. Je dois dire que cela m’a réconcilié avec les andouillettes, car mes expériences précédentes avec ce met m’avait laissé plutôt froid. Mais après avoir gouté aux ‘tourangelles’ je vous les recommande.

    Tourangelles à la crème

    Tourangelles à la crème

    Dégustation

    Dégustation

    Quand à la ‘bernache’ qu’est-ce que c’est ? Et bien, c’est le jus de raisin en élaboration pendant sa fermentation. Cela ne se consomme qu’à cette période de l’année tout de suite après les vendanges. On la soutire des cuves de fermentation dans des seaux de plastiques ou en bouteilles et on la sert telle quelle dans de petits verres à vins pour 1 euro le verre. C’est sucré (tout le sucre n’est pas encore transformé en alcool) c’est un peu alcoolisé, très pétillant, brouillé (car toutes les levures sont présentes). C’est une tradition en Touraine qui ne peut s’exporter et il faut y être à cette période pour y gouter. Dans d’autres régions on l’appelle le ‘bourru’. Il y a même une confrérie des gouteux de bernache à Vouvray.  C’est une peu le même principe que le ‘réduit’ dans le temps des sucres chez nous. Et comme le réduit, il ne faut pas en abuser …..

    La Bernache

    La Bernache

    Alors si vous allez en Touraine et que vous y êtes le 31 octobre, faites un détour par Azay Le Rideau, vous y ferez une belle expérience épicurienne.

    Bon voyage.

  • Expérience vignoble : acte 8 (Le palissage)

    Posted on October 22nd, 2010 rmessier 1 commentaire

    Gros travaux, le palissage. C’est une étape très importante car c’est ce qui supporte le mode de conduite de la vigne. On doit d’abord décider du mode de conduite. Le mode de conduite est la façon dont on va tailler la vigne en production. Il y a plusieurs méthode (cordon, gobelet, haute, basse, etc). J’ai choisi le mode Smart-Dyson (du nom des 2 vignerons qui l’ont mis au point). Cela produit une vigne très étroite, une surface de feuillage minimale pour un ensoleillement maximal des raisins. Ces caractéristiques sont très intéressantes pour la production de vins bio, car elle réduit le développement des maladies et rend l’application des traitements plus facile. Ce mode de conduite donne deux zones de fruits avec un zone assez dégagée au centre (zone du fil porteur). Voici un schéma qui donne une idée de la structure de ce mode de conduite.

    Smart-Dyson

    Smart-Dyson

    Ayant déjà des piquets de cèdres sous la main, nous utiliserons cela pour le palissage. Sinon, l’utilisation de piquets de métal est maintenant la norme. On commence par enlever l’écorce des piquets pour 2 raisons : permet un meilleur séchage donc réduit le développement de moisissures qui pourraient se communiquer aux raisins et réduit les risque que des insectes se logent sous l’écorce pour ensuite s’en prendre aux raisins, feuilles, etc. Donc première étape on enlève l’écorce.

    Enlever l'écorce

    Enlever l

    Par la suite, il faut faire des trous pour planter les piquets. Ceux-ci ayant de 5 à 8 pouces de diamètre et 10 ou 11 pieds de long. Les trous doivent être de 3 pieds de profondeur pour les piquets de bout et 2 pieds pour les piquets dans le rang. La tarière en location facilite beaucoup le travail, mais ca demeure quand même un travail assez physique. Heureusement avec l’aide de mon fils (il faut bien que tout cet entrainement pour le football serve à quelque chose) nous y arrivons en un après-midi. Il y a 16 trous de 3 pieds et 48 de 2 pieds à faire.

    Faire les trous

    Faire les trous

    Faire les trous

    Faire les trous

    Voila ce que ca donne après la mise en place des piquets.

    Piquets en place

    Piquets en place

    Ensuite on met en place les étais de bout. La tension sur le fil porteur peut représenter près d’une tonne (1000 kg) lorsque les plants sont plein de fruits, feuillage, etc. Et il faut également penser à la poussé du vent. Il faut donc que les piquets de bout et ceux dans la rangée soient très solidement fixés pour éviter l’effondrement du palissage. Pour les piquets de bout, j’ai opté pour cette méthode avec étais et contre piquet en angle. Notez les encoches pour assurer une bonne prise de l’étai.

    Étais en place

    Étais en place

    Ensuite vient la pose du fil porteur. C’est un fil d’acier galvanisé de calibre 12. Il est fixé à un bout de la rangée et à l’autre bout j’ai utilisé une chaine pour ajuster la tension. Simple, peu coûteux et ca fonctionne bien. L’an prochain on pourra installer les fils de relevage. On en reparlera à ce moment.

    Fil porteur en place

    Fil porteur en place

    Et finalement on peut attacher les vignes pour commencer à diriger la croissance avant que l’aoûtement (lignification des tiges) soit trop avancé. Cela facilite le pliage et la mise en place. Sinon on risque de briser la tige si elle est trop aoûtée.

    Attache les tiges

    Attache les tiges

    Voilà, pour le palissage des 300 plants, cela nous a pris 5 après-midi. Il est certain que pour l’implantation des parcelles à venir (quelques milliers de plants), nous utiliserons des moyens plus mécanisés et même des services de plantation, tuteurage et palissage à forfait. Mais pour nos parcelles d’essais, je suis content du résultat et de l’expérience acquise.

    Salud !!

  • Une fin de saison dans l’abondance

    Posted on September 30th, 2010 rmessier 7 commentaires

    L’été 2010 passera à l’histoire pour sa chaleur. Toute cette chaleur a fait en sorte que les récoltes soient abondantes et très hâtives (dans nos jardins comme partout ailleurs).

    Voici quelques photos d’une partie nos récoltes :

    Soya edamame

    Soya edamame

    Le soya edamame (prononcez ‘édamamé’). Très facile à faire pousser (comme des haricots) on le récolte encore vert et on le congèle en gousse après l’avoir légèrement blanchi. Pour le consommer on le dégèle et on mange les fèves natures, en potage, en salade ou légèrement saupoudrées de fleur de sel. Pour plus d’information sur cet excellent aliment : http://www.paperblog.fr/2226387/kezako-l-edamame-la-graine-de-soja-a-grignoter/ ou bien sur http://www.soya.be/edamame.php.

    Ring of fire

    Ring of fire

    Les piments forts variété Ring of Fire. Ils sont vraiment forts, comme certains de nos amis ont pu l’expérimenter. 70,000 à 85,000 sur l’échelle de Scoville (http://www.chilipeper.nl/fr/scoville-scale), en comparaison les piments jalapenos sont à environ 5,000. Une récolte très abondante. On en conservera quelques-uns pour assaisonner nos plats (sous forme de purée de piment, genre sambal oelek) et le reste sera congelé pour servir à préparer une solution répulsive pour les insectes l’an prochain.

    Poireaux

    Poireaux

    Les poireaux, nous en avons récolté beaucoup (la moitié de la récolte sur l’image), mais c’est correct on en consomme beaucoup l’hiver dans les soupes et potages. On les prépare, les lave et les coupent en petits morceaux et on les congèlent dans des sacs d’une portion. En production bio, l’ennemi no 1 du poireau est la teigne du poireau, un petit insecte dont la larve creuse des tunnels dans la tige, entrainant pourriture et dépérissement. On peut le contrôler avec des applications de BT (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bacillus_thuringiensis) ou en couvrant les rangs d’un voile empêchant les adultes d’aller pondre sur les plants, c’est d’ailleurs l’approche que nous utiliserons l’an prochain.

    Abondance 1

    Abondance 1

    Abondance 2

    Abondance 2

    Tomates, concombres, panais, carottes, betteraves, courges d’été (zucchini, patissons), courges d’hiver (butternut, acorn, spaghetti, hubbard), citrouilles : un régal pour les yeux autant que pour le palais.

    Tomates

    Tomates

    La récolte de tomates a été plus qu’abondante et très variée, nous en avons consommé de toutes les façons et en avons partagé avec des amis. Pour la conservation, nous en avons mis en conserve (avec ou sans autoclave en pots masson). Congelées entières, congelés en purée. C’est d’ailleurs une photo lors d’une opération de préparation de purée de tomates qu’on voit ci-dessus. C’est très rapide de préparer du jus ou de la purée de tomates avec cet appareil. On blanchi rapidement les tomates, on les nettoie s’il y a lieu et en quelques tours de manivelles nous avons une belle purée et la peau, pépins,etc sortent au bout.

    L’automne est arrivé, il reste encore plusieurs choses à récolter : cerises de terre, choux de Bruxelles, topinambour, maïs pop-corn, poivrons, etc.

    Alors je vous souhaites à tous un bel automne et profitez bien de ce que la nature nous apporte.

  • Jardins 2010 : Une petite visite guidée

    Posted on August 27th, 2010 rmessier Aucun commentaire

    Déjà fin août. Notre ‘passe-temps’ jardinage nous prend finalement beaucoup de temps, mais le résultat en vaut la peine. Les jardins sont divisés en 7 sections. La section 0 contient les asperges, framboises et bleuets. Cette section est ‘permanente’ car implantée pour plusieurs années.

    La section 1 contient principalement le maïs pop-corn. La récolte s’annonce très bonne. Alors on aura du bon pop-corn sans pesticides à vous offrir cet automne. Il y a aussi des concombres libanais, rhubarbe et quelques oignons.

    La section 2 contient coriandre, panais, oignons, rutabaga, navet de croissy, poireaux, piments forts, poivrons, soya edamame, haricots, pois mange-tout, arachides, artichaut, pak choi.

    La section 3 contient tomates italiennes, concombres, aubergines et basilic. Il y aussi des ‘marygold’ comme plante compagne. Nous avons également planté un rang de tournesol comme essai de brise-vent pour la vigne et comme tuteur pour les haricots grimpants.

    La section 4 contient l’ail, carottes, betteraves, oignons, choux de bruxelle, fraises à jour neutres et cerises de terre.

    La section 5 contient le topinambour, d’autres tomates, basilic, oignons, betteraves cylindriques, diverses fines herbes, aubergines et cerises de terre géante.

    La section 6 est réservée au maïs sucré, courges d’hiver et d’été, citrouilles, melon, cantaloup et un début de jardins de fleurs vivaces qui s’enrichira au fil des transplantations et des échanges.

    Et bien entendu les 2 sections de vignes avec chacune 150 plants (Frontenac et Ste-Croix).

    En tout c’est un peu plus 50,000 pi2 de jardins et plantations. Un beau défi et une belle expérience de produire tout ca en respectant les normes bio

    Bonne fin d’été à tous.